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Publié par Silly Cassin

"AHLAM" de Marc Trévidic

Ce roman est le 3ème que j'ai lu pour la sélection du prix des lecteurs du Livre de Poche 2017, et mon préféré pour le mois.

Tout commence sous le soleil et la beauté de la petite île de Kerkennah en Tunisie. Paul Arezzo, peintre célèbre mais désabusé, a décidé de se retirer un peu "du monde" pour se recentrer, retrouver le goût de vivre et de peindre. Il va se lier d'amitié avec une famille  locale: Farhat, Nora et leurs 2 enfants Issam et Ahlam. Après le drame, une leucémie foudroyante qui va emporter Nora, Paul promet d'être toujours à leurs côtés et d'aider les enfants à devenir libres et heureux. Il décide de mettre en oeuvre ce dont il a toujours rêver: la combinaison de la musique et de la peinture, rêve qu'avaient ses parents avant lui.

Mais le régime de Ben Ali et la montée d'Al Qaida va en décider autrement.

Mon avis:

Je suis entrée dans le livre dès les 1ères pages. J'ai aimé l'ambiance (le soleil, le port, l'homme ua chapeau...) et le style littéraire. Langage actuel, rythmé, rien qui traînait en longueur. L'histoire est saisissante: la montée du djihadisme en Tunisie dûe d'abord au régime de Ben Ali. Comment un frère et une soeur, qui ont eu la même éducation, les mêmes repères, le même amour peuvent virer dans des directions diamétralement opposées. Il y a de vraies références historiques, politiques, théologiques et artistiques. La peinture, la musique, l'alliance des 2 et le projet concrétisé de l'auteur, la quête de sa vie, qui prendra forme juste avant sa mort. Sur fond de religion, de guerre, de beauté d'une île, d'amitiés et d'amour (avec un peu de sexe aussi pour pimenter le tout), on passe par toute une palette d'émotions. La fin avec le petit garçon est toutefois un peu "téléphonée". J'ai beaucoup aimé ce livre.

 

Les plus beaux extraits/ synthèse à la Cassin:

"Paul, c'était le sexe sans le mariage. Il faisait l'amour comme il peignait. Quand le tableau était fini, il remettait une toile sur le chevalet et partait pour une nouvelle aventure. Paul, c'était la liberté d'une âme prisonnière de ses démons... La musique est l'art de combiner les sons et les silences. La peinture c'est l'art de combiner les blancs et les couleurs. Beau ou laid, il faut que ce soit expressif et crée des émotions... Quand on a un talent comme le tien, on n'a pas le droit de faiblir, ce serait un crime. Le talent n'est pas tout. Le travail, la persévérance et la volonté sont tout aussi importants... Il n'avait pas été élevé ainsi, à chercher des réponses ailleurs que dans son coeur...N'est-ce pas ainsi qu Zeus avait puni les hommes quand ils avaient voulu grimper jusqu'à l'Olympe? Il les avait attendus et chaque fois qu'un homme s'était présenté , l'avait coupé en 2. Les moitiés d'hommes étaient retombés, éparpillés sur la surface de la terre, et depuis chaque moitié d'homme cherchait son autre moitié. En faisant cela, Zeus avait crée l'amour et le désir... Je veux peindre un opéra, juste un acte, un acte unique. Un personnage se peint et un esprit se personnifie. Je veux atteindre la grande symbiose des mots, des notes et des couleurs grâce aux thèmes éternels: le temps, le désir et la mort. Devine qui j'ai choisi? Dom Juan, j'aime la profondeur, la vérité dans toute sa cruauté, dans ses mensonges, ses bassesses, le vérité de l'égoïsme sans fard de celui qui admet ne vivre que pour lui-même et son plaisir, la vérité dans toute son infinie tristesse.3

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