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France - film de Bruno DUMONT

Mercredi dernier (25/08) est sorti « France » le nouveau film de Bruno Dumont. Tous les médias l’ont vendu comme une satire du journalisme et de ses membres qui seraient autant abjectes que richissimes, déconnectés de la réalité et de la vie.
Je ne sais pas si c est parce qu ils évoluent dans ce métier et qu ils se sont sentis attaqués mais pour moi le sujet du film est plutôt la dépression et pourquoi une femme qui a absolument tout pour être heureuse (jeune, belle, intelligente, mariée, un enfant, un job dans lequel elle s éclate, un appartement de rêve Place des Vosges, de l’argent, de superbes tenues… ) et qui pourtant est malheureuse et sombre dans la dépression. Les seuls moments où on la sent vivante c est paradoxalement lors de ses reportages sur le terrain, dans des pays en guerre (Comme au Sahel), au milieu du chaos.
Sinon, tout le reste de sa vie est sans saveur. Elle n arrive plus à s intéresser à son mari, à son fils. Elle vit dans un environnement excessif qu’elle a voulu mais qui la tue. D’ailleurs son appartement  n’est il pas à l image de son état d esprit. Immense , tout en noir du sol au plafond (la dépression) avec une déco à dominante rouge(la violence), de gigantesques tableaux de maîtres classiques, ornant  les murs, version cathédrale?
Pour en revenir au journalisme, il est vrai qu on nous montre les coulisses des émissions et reportages qui sont peu reluisantes (les clashs sur le plateau finissent en bonnes rigolades hors écran, les reportages et les images sont manipulés, mis en scène. Les soldats sur place sont à la merci de la « direction artistique » de France. Et le soir, l’équipe retourne dans des hôtels 4 ou 5 étoiles pendant que le pays continue à se battre. Mais après tout ne sont ils pas venus là pour témoigner, et non pour embrasser la cause?
Léa Seydoux tient le film et l’écran du début à la fin. Je me souviens de Matthieu Kassovitz qui disait lors de la sortie d’ « Amen », de Costa Gavras, « il n’y a pas une minute où je ne suis pas à l’écran, Lea Seydoux peut rivaliser amplement. Dans ce film, elle n’est pas la journaliste odieuse et arriviste qu’on nous fait croire, mais plutôt une personne à dominante sensible et emphatique. Elle a forcément un côté guerrière qui l’a fait réussir dans ce métier mais qui s’effrite au fur et à mesure du scénario.
 

Léa Seydoux réalise une vraie prouesse d’actrice. Elle est juste à chacune de ses scènes. Le contraste entre sa vie au quotidien et son énergie lors de ses reportages de guerre est incroyable. 
mais le film est à dominante mélancolique, c est lent, psychologique, déstabilisant. On sort de la séance avec ce mood que l’on garde jusqu a la fin de sa journée.

Les autres personnages servent aussi le film mais sont plus  secondaires. La présence de Blanche Gardin amène un peu de gaité. Elle fait du Blanche Gardin: des euh euh partout, elle double ses mots, répète ses phrases, ne les finit pas toujours… Elle est telle qu on la connaît et qu on l’aime.

Benjamin Biolay a un rôle discret, et tout autant mélancolique que celui de France. On ne sent pas un vrai bonheur dans leut couple ni dans leur vie, « ça va? Couci-couca » comme ils disent.,.

Un crush pour le personnage de Charles (joué par Emanuele Arioli) qui amène de la douceur et de l’espoir malgré tout. Ce personnage est aussi ambigu que touchant.

Bref, un beau film, très esthétique, à la gloire de Louis Vuitton (Léa Seydoux en est l’égérie et les tenues sont magnifiques, on fait son shopping idéal en même temps que les images défilent). J’espère qu il aura un beau succès.

 

Tag(s) : #Film, #cinema, #psychologique
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